Un supporter du PSG lit le journal « L’Equipe » en attendant l’ouverture de la boutique du club parisien, sur les Champs-Elysées, le 4 août 2017. PHILIPPE LOPEZ / AFP

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Il ne fallait pas être grand clerc pour deviner qu’à la fin du mois de juillet, L’Equipe se retrouverait dans une impasse. Quand, lundi 8 juin, la direction du groupe (L’Equipe, L’Equipe Magazine, la chaîne L’Equipe, L’Equipe.fr, Vélo Magazine, France Football, Sport & Style, propriétés du Groupe Amaury) a présenté son projet d’accord de performance collective (APC) aux délégués du personnel de la SAS (société par actions simplifiée, dont la chaîne de télévision est exclue), les salariés avaient déjà commencé à voir rouge.

Dès le 31 mai, leurs élus les avaient mis au parfum : s’ils voulaient éviter une centaine de licenciements, ils allaient devoir rendre seize jours de RTT (sur vingt-deux) et accepter une baisse d’environ 10 % de leur salaire. Et si, dans le cas où les organisations syndicales acceptaient l’accord, ils le refusaient pour eux-mêmes, ils pourraient se voir contraints au départ. Un « chantage à l’emploi » inacceptable pour la majorité d’entre eux, vite rassemblés au sein d’un groupe WhatsApp où l’on s’est parfois frotté les oreilles, mais surtout beaucoup tenu chaud.

« Une boucherie »

« Je ne sais pas si une assemblée générale à l’ancienne, avec 200 personnes dans une même pièce et deux trois pasionarias qui s’enflamment, aurait été plus efficace », confie un salarié. La direction a eu beau expliquer que ses propositions, amendées par la suite, visaient au contraire à sauvegarder des emplois pour conserver des forces éditoriales, le rejet de l’APC, acté jeudi 30 juillet, était inéluctable. Les gens s’étaient comptés, pour être sûr : sur les 251 votants du groupe WhatsApp, 245 ont voté contre, 6 seulement se sont prononcés pour.

« Je regrette que la qualité du dialogue n’ait pas été à la hauteur des enjeux », a aussitôt déclaré Jean-Louis Pelé, le directeur général, ancien directeur des ressources humaines du Groupe Amaury. Pour convaincre de la nécessité de son plan, il avait établi deux scénarios d’avenir. Le premier, « soft », table sur un résultat opérationnel de la SAS en baisse de 3,3 millions d’euros en 2021 et de 8,2 millions en 2022 ; le second, plus pessimiste, prévoit des pertes de 7,9 millions en 2021, et de 13,1 millions l’année suivante. « Il y a un décalage entre la réalité économique perçue [par les collaborateurs] et la réalité économique effective, blâme-t-il. Mais c’est une illusion d’optique que de croire que l’actionnaire financera toujours les pertes : notre décroissance, que le Covid a accélérée, est constante, régulière. »

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