Reconstitution en 3D du Vésuve dans le cadre de l’exposition « Pompéi », au Grand Palais, à Paris, le 26 juin. Reconstitution en 3D du Vésuve dans le cadre de l’exposition « Pompéi », au Grand Palais, à Paris, le 26 juin. DIDIER PLOWY

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Pompéi en a vu d’autres. La ville romaine a été détruite par l’éruption du Vésuve en l’an 79 ; ses habitants ont succombé à d’horribles nuées ardentes qui ont fondu sur eux comme un tsunami gazeux ; elle a été ensevelie sous plusieurs mètres de pierres ponces et de cendres ; enfin, elle a hiberné dix-sept siècles dans le sol avant de commencer à revoir le jour. Pompéi sait ce qu’est une catastrophe brutale et connaît la patience. Alors, que dire du Covid-19 qui a stoppé net la préparation de l’exposition sur Pompéi, laquelle devait ouvrir au Grand Palais mercredi 25 mars ? Pas grave, il suffisait d’attendre. Un peu plus de trois mois après, la voici offerte au public, dans une version réadaptée aux exigences sanitaires qu’impose l’épidémie : une capacité d’accueil réduite qui va de pair avec la réservation obligatoire des billets sur Internet, le port du masque, la désactivation de deux petits ateliers avec écrans tactiles.

Lire le reportage (en 2019) : Pompéi, inépuisable trésor archéologique

L’essentiel, cependant, est préservé : l’idée d’une balade immersive dans le passé. Le temps de la visite, le salon d’honneur du Grand Palais se transforme en une rue de la ville antique. Sur les murs sont projetées, grandeur nature, les façades des maisons romaines. A un bout du quartier, les ombres des Pompéiens s’y promènent dans leur vie quotidienne. A l’autre, elles laissent place aux ombres des archéologues.

Le cône du Vésuve, imposant, trône au beau milieu de l’exposition, aussi calme que menaçant

Entre la Pompéi vivante du Ier siècle et la Pompéi ressuscitée d’aujourd’hui vient immanquablement le temps de la catastrophe. Le cône du Vésuve, imposant, trône au beau milieu de l’exposition, aussi calme que menaçant. Tous les quarts d’heure, dans une reconstitution réalisée pour le documentaire Les Dernières Heures de Pompéi, le volcan s’éveille, gronde et entre en éruption. Les lapilli tombent de partout, la rue-musée tremble, les nuées ardentes déboulent et le monde s’assombrit, devient silencieux, sombre dans la mort.

Voir le portfolio : Quand Pompéi renaît de ses cendres au Grand Palais

Tout n’est pas qu’émotion, mise en scène théâtrale et plongée dans une reconstitution numérique. Part belle est faite aux représentations des célèbres fresques pompéiennes, mais ce n’est pas tout. Comme l’explique Massimo Osanna, directeur du Parc archéologique de Pompéi et commissaire de l’exposition, « il était aussi essentiel de se confronter à la matérialité », par le biais d’objets issus des fouilles archéologiques. « Une soixantaine d’objets ont été sélectionnés pour illustrer des aspects importants de Pompéi, entrer dans la vie quotidienne de l’Antiquité, réaliser la relation que nous avons avec cette civilisation, reconnaître notre proximité avec ce passé », souligne-t-il.

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