De Lorient à Nancy, de Toulon à Mont-de-Marsan, les personnels hospitaliers se sont à nouveau donné rendez-vous pour manifester ce mardi 30 juin, dans le but d’obtenir davantage que les 6,3 milliards d’euros déjà promis par le gouvernement.

AD Custom Keto Diet

Des soignants « déçus et mécontents » : le Ségur de la santé est-il en train de s’enliser ?

Les manifestants entendent battre le fer tant qu’il est chaud, à quelques jours de la clôture du Ségur de la santé, et après le succès de leur mobilisation du 16 juin (100 000 à 180 000 manifestants selon les sources).

Nouvelle manif des #soignants devant Cochin à Paris ce #30juin pour obtenir plus de moyens pour l #hopital à trois… https://t.co/WLhBXgaLkP—OihanaGabriel(@Oihana Gabriel)

A Paris, le cortège s’est élancé à 14 heures de l’ancien hôpital militaire du Val-de-Grâce (Ve arrondissement), en direction du ministère de la Santé (VIIe). Les manifestants étaient encadrés par un important dispositif policier et un service d’ordre syndical renforcé, après les débordements lors de la précédente mobilisation des soignants dans la capitale, le 16 juin sur l’esplanade des Invalides.

« Un geste fort, et maintenant, pas dans trois ans »

Sous des pancartes « Héros d’hier, oubliés aujourd’hui » ou « Des crédits pour l’hôpital, pas pour le capital », Nassima Hamoroux, agente administrative dans un hôpital de l’Essonne, affirme auprès de l’AFP qu’après 37 ans de carrière, elle « ne gagne que 1 400 euros par mois, c’est injuste ».

Infirmier psychiatrique dans le même département, Louis Rios explique avoir « vu les conditions de travail se dégrader » depuis un quart de siècle et dit ne « plus faire confiance au gouvernement ».

@olivierveran @EmmanuelMacron @CollectInterHop petit message Ă  nos gouvernants dans la bonne humeur https://t.co/OofhvUwo7z

—CihRennes(@CIH Rennes)

« On nous a promis 6 milliards mais j’attends de voir », ajoute-t-il, demandant « un geste fort, et maintenant, pas dans trois ans ».

Ségur de la santé : « Il y a un risque fort de radicalisation du mouvement »

« Il faut des actes à la hauteur des remerciements » pendant l’épidémie de Covid, a déclaré de son côté le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, présent au départ de la manifestation, pour réclamer « beaucoup plus que ce qui a été annoncé ».

Ni médailles,
Ni lacrymos,
Des lits,
Du fric.

Mobilisation à Paris en soutien aux #soignants. Les applaudissements… https://t.co/0eyBkTeFjD

—L_insoumission(@L’insoumission)

Le Ségur de la santé touche à sa fin

L’objectif des manifestants est de « peser sur les décisions politiques », a prévenu la secrétaire générale de la CGT-Santé Mireille Stivala. La responsable syndicale assure être prête à poursuivre la mobilisation tant que les soignants n’auront « pas réussi à faire plier le gouvernement ».

Elle est aux commandes du « Ségur de la santé » : 10 choses à savoir sur Nicole Notat

Mais le temps lui est compté car le Ségur de la santé s’achèvera en effet vendredi, par une ultime réunion sous l’égide de l’ancienne dirigeante de la CFDT, Nicole Notat. Le chef de l’Etat pourrait ensuite annoncer lui-même ses arbitrages la semaine prochaine, en particulier sur les très attendues hausses de salaires.

A ce stade, son ministre Olivier Véran a déjà mis sur la table 6 milliards d’euros pour les personnels non médicaux, à répartir entre une augmentation générale, une refonte des primes et des majorations ciblées sur certaines professions (infirmiers, aides-soignants, manipulateurs radio…).

Hôpital public : comment en est-on arrivé à un tel niveau d’indigence ?

Une rallonge de 300 millions d’euros a également été proposée lundi pour les praticiens hospitaliers, avec des mesures ciblées sur les débuts et fins de carrière, sur certaines primes et sur les heures supplémentaires, aussitôt rejetées par des syndicats médicaux évoquant une « désillusion énorme ».

Ă€ Salon de Provence #30juin https://t.co/c4mbzMuy4s

—CollectInterHop(@COLLECTIF INTER-HOPITAUX)

« On nous a annoncé ça comme une grande avancée sociale » mais « c’est une douche glaciale », a réagi Jean-François Cibien, vice-président d’Action Praticiens Hôpital (APH).

L’Obs avec AFP