« Brooklyn Secret ».

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LA LISTE DE LA MATINALE

La réouverture des cinémas, lundi 22 juin, s’est accompagnée d’une offre pléthorique de films que l’on retrouve cette semaine en salles, avec en plus quelques nouveautés seulement.

« Brooklyn Secret », une migrante transgenre au pays de Trump

A côté des cinéastes Lav Diaz et Brillante Mendoza, témoins engagés des traumatismes de la société philippine, Isabel Sandoval développe son esthétique minimaliste au carrefour des questions migratoires et de genre.

Née en 1982 à Cebu, la réalisatrice vit à Brooklyn, où elle a tourné son troisième long-métrage inspiré de sa propre histoire. Elle a écrit le scénario de Brooklyn Secret, l’a monté et interprète le rôle principal : comme Olivia, Isabel Sandoval a effectué une transition du masculin au féminin il y a une dizaine d’années.

Migrante transgenre, sans papiers, Olivia travaille comme soignante auprès d’Olga (Lynn Cohen), une vieille dame russe ashkénaze résidant à Brighton Beach. La monotonie du quotidien est interrompue lorsque le petit-fils d’Olga, Alex (Eamon Farren), beau gosse à la réputation de loser, est de retour dans la famille.

Olivia et Alex tombent amoureux, mais Olivia ne dit pas un mot de sa transition, jusqu’au jour où Alex l’apprend par un « ami » mal intentionné. Il se sent trahi. Alors qu’Olivia est tétanisée par le climat sécuritaire aux Etats-Unis, Alex aura le mauvais goût de jouer avec sa peur. Plus que la fiction, c’est la matière « documentaire » de Brooklyn Secret qui fournit les moments les plus justes du film. Clarisse Favre

« Brooklyn Secret », film américain et philippin de et avec Isabel Sandoval. Avec Eamon Farren, Ivory Aquino (1 h 29).

« Jumbo », un amour de manège

« Dans une ferme du Poitou un coq aimait une pendule », chantait Claude Nougaro. Et ça swinguait. Quelque part en Belgique, Jeanne, une jeune fille coincée entre sa mère intrusive et un avenir qu’on devine peu folichon, tombe amoureuse d’un manège de foire doté de six tentacules, moitié poulpe moitié pelleteuse. C’est la proposition surprenante de la réalisatrice Zoé Wittock. Et ça patine un peu. De son vrai nom Move it, ce manège est surnommé Jumbo en raison de sa taille et du double mécanisme, à la fois rotatif et ascensionnel, qui l’anime. Il envoie en l’air et fait tourner les têtes.

Jeanne, peu sensible à la communication verbale, n’y résiste pas et s’éprend de la machine comme la belle de la bête, au détriment de Marc, garçon aussi maladroit qu’expéditif. Puisque la mise en scène nous y engage, il n’est pas interdit de voir dans Jumbo une métaphore de la puissance sexuelle. Cette fable sans morale mais bien éclairée et bien filmée se termine, hélas trop tard, en comédie loufoque. Philippe Ridet

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