La tension monte entre le Soudan, l’Éthiopie et l’Égypte après l’échec des négociations en vue d’un accord sur le remplissage du réservoir et la mise en service du grand barrage de la Renaissance (Gerd). L’Éthiopie veut commencer le remplissage du réservoir en juillet, avec ou sans l’accord des deux autres pays. L’Égypte, qui considère ce projet comme une menace « existentielle », a appelé le Conseil de sécurité de l’ONU à intervenir, évoquant l’attitude « non positive » de l’Éthiopie et son « insistance à vouloir remplir le barrage de manière unilatérale ». « Nous ne voulons pas d’escalade. Les négociations sont la seule solution », a déclaré à la presse à Khartoum le ministre soudanais de l’Irrigation, Yasser Abbas. Pour lui, « il est important d’obtenir un accord avant le début des opérations de remplissage ». « Le Soudan a le droit de le demander », a-t-il poursuivi.

AD Custom Keto Diet

Lire aussi Nicolas Baverez – La guerre du Nil aura-t-elle lieu ?

Yasir Mohamed, ministre soudanais de l’Irrigation, participe ici à une visioconférence sur le barrage de la Renaissance le 9 juin dernier.  
© ASHRAF SHAZLY / AFP

Solution politique

Samedi, le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a assuré que son pays restait favorable à une solution politique. « Lorsque nous avons eu recours au Conseil de sécurité, cela découlait de notre volonté d’emprunter la voie diplomatique et politique jusqu’à la fin. » À la demande de l’Égypte, la question de ce barrage controversé a été mise à l’agenda d’une réunion en visioconférence des ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe mardi, a indiqué lundi à l’AFP un diplomate de la Ligue. Si l’Éthiopie voit le barrage de 145 mètres haut comme essentiel à son développement et son électrification, le Soudan et l’Égypte craignent qu’il ne restreigne leur accès à l’eau. Le Nil, qui coule sur quelque 6 000 kilomètres, est une source d’approvisionnement en eau et en électricité essentielle pour une dizaine de pays d’Afrique de l’Est. L’Égypte tire 97 % de ses besoins en eau du fleuve.

Lire aussi Barrage sur le Nil : un compromis esquissé entre les parties

Lire aussi Ces si âpres négociations à propos du grand barrage sur le Nil