« Eloge du pas de côté », statue de bronze de l’artiste Philippe Ramette, à Nantes (Loire-Atlantique), le 29 avril. LOIC VENANCE / AFP

AD Custom Keto Diet

Tribune. La société doit apprendre à vivre avec le virus. La sortie du confinement et la prévention de rebonds épidémiques sont des moments critiques. Ils doivent mobiliser toutes les expertises de la société française.

Or la France ne dispose pas d’espace institutionnel pour coordonner le dialogue entre sciences et société. L’efficacité et les conséquences sociales des solutions que proposent sciences et médecine dépendent pourtant du contexte de leur application. L’expérience du terrain et le sens pratique forment aussi un formidable vivier d’idées et de solutions.

L’émergence, ces dernières semaines, de nouvelles formes de solidarités en est une illustration pleine de promesses. Des solutions ingénieuses et novatrices apparaissent lorsque les enjeux d’un problème sont pensés ensemble. Ainsi, la production de masques artisanaux, destinés aux personnes saines, est aujourd’hui encadrée par une norme de l’Afnor [Association française de normalisation] et une note interministérielle du 29 mars.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi En France, les fabricants de masques textiles accélèrent la cadence

Devant l’évidence des bienfaits de la co-construction, un triptyque vertueux liant société, sciences et politique s’impose. Les signataires de cette tribune appellent à une sortie de crise par le haut grâce à un dialogue soutenu et coordonné entre sciences et société, pour une démocratie sanitaire.

Convergence de visions

La société française n’est pas un bloc compact et homogène. C’est une diversité de situations inégales, de secteurs, d’enjeux dont la prise en compte est nécessaire à la décision politique. L’inclusion des acteurs permet d’anticiper la faisabilité et les conséquences des solutions envisagées. Ainsi, les fiches sectorielles publiées par le ministère du travail sur la base de recommandations d’experts indiquent des « bonnes pratiques » sanitaires pertinentes mais parfois incomplètes, comme dans le cas des travailleurs saisonniers du domaine agricole. Car les fiches omettent le fait, bien connu sur le terrain, que ces travailleurs sont habituellement hébergés collectivement par leurs employeurs, qui ne savent aujourd’hui pas comment les accueillir. Associer aux recommandations ceux qui vivront leur application permet des décisions plus justes, efficaces et mieux vécues.

L’action publique a besoin de la participation et de l’information de tous, y compris des plus pauvres ou vulnérables, de la conception à l’évaluation de tout projet.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Coronavirus : au Royaume-Uni, un comité scientifique bis met la pression sur Boris Johnson

Cet appel incarne la convergence de visions. Celles de médecins, scientifiques et membres des comités d’experts qui conseillent le gouvernement dans cette crise. Et cela ne doit pas surprendre ! Scientifiques et médecins savent que l’expertise n’est pas la décision, et sont conscients de l’importance de la participation citoyenne. Depuis une vingtaine d’années, des agences sanitaires ont mis en place des espaces de liaison avec la société et les associations.

Il vous reste 71.56% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.