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Après la crise, l’aspect sanitaire continuera d’être une préoccupation majeure pour le groupe ADP, qui exploite les aéroports de Paris et de sa région. Les technologies permettant de réguler les flux et la reconnaissance faciale devraient se développer.

À l’approche de l’été et de la réouverture des frontières intérieures de l’Union européenne qui pourrait intervenir le 15 juin, les aéroports se préparent à accueillir un afflux massif de voyageurs. Depuis le début de la crise sanitaire, des mesures inédites ont été adoptées: désinfection régulière, prise de température et port du masque obligatoire.

Le groupe ADP, qui exploite notamment l’ensemble des aéroports de Paris et de sa région, ne fait pas exception. La technologie, déjà très présente dans ces espaces, devrait être encore plus utilisée à l’ère post Covid-19. L’un des défis est la gestion des flux de voyageurs.

Des lasers pour détecter les attroupements 

« Avant la crise sanitaire, on se demandait déjà comment optimiser les flux dans un espace fermé et réduire les temps d’attente pour améliorer la qualité du service », explique Edward Arkwright, directeur général exécutif du groupe ADP. « Désormais, il y a de nouveaux enjeux, comme la détection des regroupements de personnes et le respect de la distanciation sociale ».

Pour cela, le groupe ADP pourrait se tourner vers la technologie LiDAR, une technique de mesure de la distance grâce à un laser. Une expérimentation est déjà en cours à Roissy avec la start-up française Outsight. Son avantage: aucune image des voyageurs n’est fournie. Ils sont représentés par des symboles, respectant ainsi la vie privée des passagers.

Le port du masque est aujourd’hui obligatoire dans tous les aéroports du groupe. Le Figaro évoquait il y a quelques semaines l’utilisation à Roissy des lasers de la start-up Outsight pour repérer les personnes sans masque. Une information démentie par le groupe ADP.

“La détection de masque peut être utile dans un espace ouvert comme une gare. Mais elle est moins pertinente dans un aéroport. Avant de monter dans l’avion, les voyageurs suivent un parcours de plusieurs étapes pendant lesquelles ils rencontrent de nombreux agents. Donc si quelqu’un ne porte pas de masque, il sera très vite rattrapé », assure Edward Arkwright.

Des caméras thermiques pour la prise de température

Autre mesure adoptée pour protéger les voyageurs pendant la crise sanitaire: la prise de température à l’aide de caméras thermiques. Le dispositif peut contrôler jusqu’à 16 personnes en même temps, sur une distance de 7 mètres. L’expérimentation a commencé à la fin du mois de mai à l’aéroport de Roissy et débutera à Orly lors de sa réouverture.

« On voit très peu de cas de température au delà des 38 degrés”, précise Edward Arkwright. Là encore, le groupe assure qu’il n’y a aucune identification de visage possible sur les images enregistrées par les caméras. “Si un carré rouge apparaît à l’écran, un agent va proposer au voyageur une nouvelle prise de température sans contact. Si la fièvre est avérée, il se verra proposer une visite médicale, avec la possibilité de faire un test. »

Le port obligatoire du masque et la prise de température systématique ont peu de chance de se poursuivre après la crise sanitaire. Mais la pandémie du Covid-19 a forcé les gestionnaires d’espaces très fréquentés comme les gares et les aéroports à se pencher sur l’aspect sanitaire.

L’aspect sanitaire, plus que jamais capital 

« Le taux d’exigence que l’on aura vis à vis de nos prestataires de nettoyage sera plus important qu’avant la crise. Nous ne devons plus seulement évaluer la propreté, mais également l’efficacité des nettoyages. On ne veut prendre aucun risque. Aussi bien pour les voyageurs qui ne font que passer que pour nos salariés », assure le directeur général exécutif.

Début avril, alors que l’épidémie touche déjà une centaine de personnes en France, le groupe lance un concours à destination des start-up baptisé “Safe Travel Challenge”. « Depuis quelques années, on voit émerger l’idée d’un aéroport plus intelligent, plus durable. Mais la dimension sanitaire n’avait jusque là pas pris la même importance », détaille Edward Arkwright.

Trois projets ont été choisis début juin par le jury avec pour objectif d’appliquer ces solutions dès la rentrée de septembre. Pour la catégorie “prévention”, une technologie de désinfection naturelle de l’air et des surfaces a été choisie. Le projet désigné dans la catégorie “détection” viendra contrôler son efficacité en analysant la fréquence et la durée d’application de la désinfection et du nettoyage à l’aide de capteurs. 

Recourir à des robots nettoyeurs comme c’est le cas en Corée du Sud n’était pas envisageable. « Nos infrastructures sont trop complexes à cause des nombreux étages et obstacles. Mais c’est très efficace dans des espaces avec des surfaces planes », soutient le directeur général exécutif d’ADP.

La reconnaissance faciale, technologie controversée mais sans contact 

La reconnaissance faciale est un enjeu majeur pour le groupe. Une expérimentation devait débuter juste avant la crise sanitaire à Orly, en partenariat avec les compagnies aériennes Air France, Air Caraïbes et Transavia. Elle finalement a été suspendue. Cette technologie controversée doit servir à réguler les flux en permettant à des volontaires de s’enregistrer et d’embarquer de manière autonome. Aucune date n’a été communiquée pour le report de l’expérimentation.

En période de crise sanitaire, la reconnaissance faciale présente l’avantage d’être sans contact. Mais les associations de lutte pour les libertés individuelles comme La Quadrature du Net ou la Ligue des droits de l’Homme sont vent debout contre le déploiement de cette technologie en France. Le groupe ADP assure avoir sollicité les équipes de la Cnil dès le début du projet. Le gendarme des données personnelles aurait donné son accord pour le déploiement du dispositif pendant un an.