Les enchères qui doivent permettre de finaliser l’attribution en France des fréquences 5G se tiendront entre le 20 et le 30 septembre 2020. LIONEL BONAVENTURE / AFP

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Pari perdu pour Martin Bouygues. L’Arcep a annoncé jeudi 11 juin que les enchères qui doivent permettre de finaliser l’attribution en France des fréquences 5G − la nouvelle norme de téléphonie mobile − se tiendront entre le 20 et le 30 septembre. Une fin de non-recevoir pour le patron du groupe français, dont fait partie l’opérateur Bouygues Telecom.

Alors que ces enchères devaient initialement débuter le 21 avril, la crise liée au Covid-19 en a décidé autrement et le régulateur des télécoms avait dans un premier temps envisagé de les reporter en juillet ou en septembre. Le 22 mai, le patron du groupe de BTP a jeté un pavé dans la mare en proposant de repousser ces enchères à la fin de l’année, voire au mois de janvier 2021 : « La 5G n’est pas une urgence pour la France : repoussons l’attribution des fréquences », expliquait-il ainsi dans une tribune au Figaro.

Insuffisance de couverture

Chacun y est alors allé de son interprétation : une volonté de gagner du temps faute de trésorerie ; de grappiller quelques mois en attendant de savoir s’il pourrait finalement continuer à utiliser également Huawei comme équipementier, alors qu’il reste suspendu sur ce point à une autorisation de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi) ; un moyen de dissimuler un supposé retard dans les installations 4G quil s’est engagé auprès de l’Etat à combler sur le territoire et en particulier dans les zones rurales ?

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Rien de tout cela, selon le groupe. Aux yeux de Bouygues Telecom, il s’agissait plutôt de remettre à plat la question des infrastructures télécoms en France au regard des enseignements de la crise due au coronavirus, qui, selon lui, a mis en lumière l’insuffisance de la couverture dans certains territoires. Problème qui devait être résolu par le « new deal » conclu en 2018 par les opérateurs avec l’Arcep, lequel ne serait finalement pas assez ambitieux pour Bouygues.

A la lumière de ce constat, le groupe proposait donc que les opérateurs s’engagent sur la livraison d’un plus grand nombre de sites 4G par les opérateurs… en contrepartie d’une réduction du montant de redevances exigées sur la 5G. Rapidement, SFR − qui par ailleurs est le seul autre opérateur à compter Huawei parmi ses équipementiers − embrayait, estimant que la 5G ne répond pas aux besoins identifiés par l’épidémie, en particulier en ce qui concerne les zones blanches.

Fréquentation exceptionnelle

A l’appui de leur argumentation, les deux acteurs soulignent que la première génération de 5G, qui pourrait être déployée dès la fin de l’année en France, n’est pas porteuse de la révolution promise des usages. Tout au plus permettrait-elle dans un premier temps de réduire la pression des réseaux dans des lieux soumis à une fréquentation exceptionnelle : une gare un jour de grands départs ou un stade accueillant une rencontre internationale. Les vraies promesses de la 5G ne se concrétiseraient que d’ici à 2022 ou 2023, permettant notamment des nouvelles applications industrielles.

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