« L’administration des sports va perdre en « agilité » à déployer des politiques publiques partout sur le territoire. » INGRAM / PHOTONONSTOP

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A quatre ans des Jeux olympiques et paralympiques de Paris, la relégation d’un ministère des sports de plein exercice à un ministère délégué sous l’autorité du ministère de l’éducation nationale et de la jeunesse n’est pas un bon signal politique.
La mise sous tutelle au sein de l’éducation nationale est révélatrice de la place – mineure – du sport dans notre pays.

Le budget de la culture dépasse les 10 milliards d’euros et celui de l’éducation nationale les 73 milliards d’euros, pensions comprises, avec plus d’un million de fonctionnaires. Les moyens financiers alloués au sport, 750 millions d’euros de crédits budgétaires, taxes affectées et masse salariale, soit 0,3 % du budget de la nation – une « goutte d’eau » –, ont encore diminué ces trois dernières années de 50 millions d’euros.

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Le sport amateur, soit 90 % des associations sportives qui ne sont pas employeuses, est le seul secteur d’activité majeur, avec ses 3 millions de bénévoles engagés dans 350 000 clubs, à ne pas bénéficier de plan de relance spécifique après la crise sanitaire, hormis un fonds de solidarité territoriale au sein de l’Agence nationale du sport de seulement 15 millions d’euros, financé par redéploiement.

La nécessité d’un Etat fort dans le domaine du sport

Cette absence de soutien à la « dépense sportive » traduit une sous-estimation des effets de la crise sanitaire sur l’écosystème sportif par le gouvernement, alors que tous les élus de terrain peuvent constater que des milliers de structures associatives sont aujourd’hui menacées à la rentrée, craignant à la fois une perte de leurs licenciés et pour la pérennité de leurs activités, après une longue coupure de presque six mois !

Alors que l’essentiel des ressources financières est concentré aujourd’hui dans les mains de l’Agence nationale du sport, avec un budget de près de 300 millions d’euros, le ministère des sports ne représente plus que 120 millions d’euros, en étant recentré sur les fonctions régaliennes de contrôle, d’expertise, d’évaluation, de formation, de sécurité, d’intégrité et de protection de la santé des sportifs, et de relations internationales.

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En ce qui concerne les effectifs, l’administration des sports ne compte plus que 120 agents au niveau central, 1 500 conseillers techniques et sportifs (CTS) et environ 1 500 agents dans les services déconcentrés de l’Etat. Ces agents de l’Etat ont fait preuve d’une capacité d’adaptation pendant la crise sanitaire qui fait honneur au service public. Cette crise a démontré la nécessité d’un Etat fort dans le domaine du sport. L’absorption de l’administration des sports par celle de l’éducation nationale a déjà été bien engagée depuis trois ans.

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